Article – Quelle stratégie pour maintenir la masse osseuse chez les femmes ménopausées ?

//Article – Quelle stratégie pour maintenir la masse osseuse chez les femmes ménopausées ?

Article – Quelle stratégie pour maintenir la masse osseuse chez les femmes ménopausées ?

Si maintenir la masse osseuse fait partie des stratégies de prévention de l’ostéoporose, les interventions pour y parvenir sont multiples : supplémentation en calcium et/ou vitamines, prise d’œstrogènes, activité physique… Quels sont leurs effets ? Certaines sont-elles plus efficaces ? Une méta-analyse fait le point.

Calcium, vitamine D, vitamine K, œstrogènes, isoflavones, activité physique… quelle intervention s’avère la plus efficace pour prévenir l’ostéoporose chez les femmes ménopausées ? Telle est la question à laquelle une méta-analyse a tenté de répondre en analysant les résultats de 90 essais randomisés, rassemblant près de 11 000 femmes ménopausées (63 ans d’âge moyen), testant les effets de ces différentes interventions sur leur densité minérale osseuse (DMO). Les essais n’étaient retenus dans la méta-analyse que s’ils duraient plus de deux mois et la durée moyenne des études était de 15,6 mois. Seules les données portant sur la DMO des vertèbres lombaires (n = 74 essais) et du col du fémur (n = 55 essais), ont fait l’objet d’une analyse.

Une méta-analyse en réseau pour comparer les différentes interventions
Compte tenu de la diversité des interventions utilisées dans les études (18 types d’interventions ou combinaisons d’interventions recensés) et des multiples types de comparaisons effectuées (ex : calcium versus placebo, activité physique versus absence de traitement, œstrogènes versus vitamine D, calcium + vitamine D + activité physique versus calcium + vitamine D, etc.), les auteurs ont eu recours à une approche particulière : la méta-analyse bayésienne en réseau. Cette technique permet d’évaluer l’efficacité de tous les traitements par rapport à un traitement de référence et de leur attribuer un rang d’efficacité couplé à une probabilité. En particulier, l’indice SUCRA (pour Surface Under the Cumulative RAnking) représente la probabilité qu’un traitement soit le plus efficace.

Si calcium, vitamines D et K, œstrogènes, activité physique sont efficaces…
Les effets des différents traitements étudiés se révélaient variables en fonction des sites osseux considérés. La supplémentation en calcium, vitamine D, vitamine K, la prise d’œstrogènes, l’activité physique, ou des supplémentations alliant calcium et vitamine D, ou vitamine D et vitamine K, ou un traitement combinant vitamine D et œstrogènes, étaient associés à une DMO plus élevée au niveau des vertèbres lombaires par rapport à l’absence d’intervention ou à un placebo. Au niveau du col du fémur, la supplémentation en calcium, l’activité physique et le traitement associant vitamine D et œstrogènes permettaient d’augmentait la DMO par rapport à l’absence d’intervention.

… certains traitements le sont plus que d’autres
Parmi tous ces traitements, les chercheurs ont ensuite cherché à identifier les plus efficaces pour augmenter la DMO. Au niveau lombaire, avec une probabilité de 97 %, c’est l’intervention combinant vitamine D et œstrogènes qui serait la plus efficace (+ 0,072 g/cm² par rapport à l’absence de traitement ; intervalle de confiance : 0,045 ; 0,100 g/cm²). Au niveau du col du fémur, avec une probabilité de 80%, c’est l’association calcium + activité physique qui apparaît comme la plus efficace (+ 0,029g/cm² par rapport à un placebo ; intervalle de confiance : – 0,00093 ; 0,060 g/cm²). Avec des probabilités très proches, suivent de près les traitements associant calcium et œstrogènes ou vitamine D et œstrogènes.

Dans tous les cas, une prise en charge globale est nécessaire

Ainsi, si de nombreuses interventions semblent efficaces pour prévenir la perte de DMO chez des femmes ménopausées, le choix du type d’intervention doit aussi prendre en compte d’autres paramètres individuels afin d’adapter la prise en charge  (ex : effets indésirables des œstrogènes ou de la vitamine K, etc.). Les effets observés sur la DMO ne préjugent en rien de l’efficacité de ces interventions sur le réel marqueur de l’ostéoporose, à savoir le risque de fracture. Comme le soulignent les auteurs, la prévention des fractures passe par une stratégie globale, incluant certes le maintien de la DMO mais aussi le maintien de la masse musculaire, de l’équilibre, et l’adaptation sécurisée du lieu de vie.

Source : Xu, Z. et al. Impact of Calcium, Vitamin D, Vitamin K, Estrogen, Isoflavone, and Exercise on Bone Mineral Density for Osteoporosis Prevention in Postmenopausal Women: A Network Meta-Analysis. British Journal of Nutrition, 1-38. doi:10.1017/S0007114519002290.

2019-11-16T16:14:37+01:00