Brève – Augmenter la consommation d’aliments sources de protéines végétales sans les diversifier ne garantit pas des apports nutritionnels adéquats

//Brève – Augmenter la consommation d’aliments sources de protéines végétales sans les diversifier ne garantit pas des apports nutritionnels adéquats

Brève – Augmenter la consommation d’aliments sources de protéines végétales sans les diversifier ne garantit pas des apports nutritionnels adéquats

La végétalisation de l’alimentation constituera la prochaine transition alimentaire. Mais pour assurer à l’homme des apports nutritionnels adéquats, la diversité des sources végétales semble primordiale, selon une analyse des données françaises INCA 3.

L’augmentation de la part des protéines végétales dans l’alimentation est associée à des bénéfices nutritionnels et de santé. Mais de quels produits végétaux parle-t-on exactement ? Doit-on diversifier les sources de protéines végétales ? Et quels changements cela implique-t-il pour la population française ? Des chercheurs ont tenté de répondre à ces questions.

Pour cela, ils ont utilisé les données issues l’enquête INCA 3[1] (2014-2015)  de 1341 adultes (18-64 ans) représentatifs de la population française et ont étudié les liens entre l’apport en protéines végétales, la diversité alimentaire et la qualité nutritionnelle du régime (mesurée par le score PANDiet[2] et ses sous-scores d’adéquation et de modération).

Résultats, la qualité globale de l’alimentation est peu ou pas associée à la diversité totale de l’alimentation ou à la diversité des protéines. En revanche, elle est liée à la diversité des protéines végétales consommées. Cependant, les adultes français présentent des apports en protéines végétales très peu diversifiés (61 % proviennent des céréales raffinées) et cette diversité est encore plus limitée chez les grands consommateurs de protéines végétales (65 % proviennent des céréales raffinées). Dans cette étude, des simulations montrent que si substituer les protéines animales par des protéines végétales permet de réduire la probabilité d’apports excessifs en certains nutriments à limiter (sous-score de modération), ceci n’améliore pas l’apport en nutriments à favoriser (sous-score d’adéquation), sauf à adopter un régime beaucoup plus diversifié en protéines végétales (légumineuses, fruits à coque, graines, légumes) qu’actuellement.

Source : Salomé M et al. Plant-Protein Diversity Is Critical to Ensuring the Nutritional Adequacy of Diets When Replacing Animal With Plant Protein: Observed and Modeled Diets of French Adults (INCA3), The Journal of Nutrition, nxz252, 16 October 2019.

[1] 3ème étude individuelle nationale des consommations alimentaires

[2] Le score PANDiet mesure la qualité nutritionnelle du régime par la probabilité d’adéquation des apports nutritionnels aux valeurs nutritionnelles de référence. Le sous-score d’adéquation (AS) correspond à la probabilité moyenne d’atteinte de la valeur de référence pour 28 nutriments ; tandis que le score de modération (MS) correspond à la probabilité moyenne pour les apports en 6 nutriments de se situer en dessous d’une valeur limite.

2019-11-16T16:56:20+01:00