Brève – Les produits ultra-transformés, un facteur de risque de diabète de type 2 ?

//Brève – Les produits ultra-transformés, un facteur de risque de diabète de type 2 ?

Brève – Les produits ultra-transformés, un facteur de risque de diabète de type 2 ?

Les données de la cohorte NutriNet-Santé montrent une association entre la consommation de produits ultra-transformés et le risque de diabète de type 2.

Après le cancer, les symptômes dépressifs, les maladies inflammatoires de l’intestin, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension, c’est au tour du diabète de type 2 d’être associé à la consommation d’aliments ultra-transformés, selon les données de la cohorte française NutriNet-Santé.

Une relation inverse entre degré de transformation et qualité nutritionnelle

L’analyse des consommations de 104 707 participants et la classification des aliments selon leur degré de transformation (classification NOVA1) apportent deux enseignements :

(1) les aliments ultra-transformés comptent pour 17,3 % des consommations pour l’ensemble de l’échantillon, ce pourcentage étant significativement augmenté (≈ 19 %) chez les plus jeunes (moins de 44 ans), les sujets obèses, ceux avec une faible activité physique et les fumeurs réguliers ;

(2) leur consommation est associée à une alimentation de plus faible qualité nutritionnelle, riche en énergie, sel, sucres, graisses saturées, (boissons sucrées, viandes rouges et produits dérivés), et insuffisante en fibres, céréales complètes, yaourts, fruits et légumes.

Une augmentation du risque de diabète de type 2

Croisées à l‘état de santé des individus, ces données de consommation révèlent que le nombre de cas de diabète de type 2 (821 cas déclarés en 6 ans de suivi) augmente avec la consommation de produits ultra-transformés. Plus précisément, le risque de diabète s’accroît de 13 à 15 % (selon l’ajustement des données pour différents facteurs de confusion selon les modèles) pour chaque augmentation de 10 % de la proportion d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation.

Les chercheurs supposent qu’au-delà des facteurs nutritionnels en cause, les additifs, les composés néoformés et les perturbateurs endocriniens (présents dans les emballages) pourraient aussi jouer un rôle dans cette association. Il semble encore difficile de tirer des conclusions fermes de ces données, la validité de la classification NOVA étant encore très discutée dans la communauté scientifique et la cohorte NutriNet-Santé n’étant pas représentative de la population.

 

Source : Bernard Srour, Léopold K. Fezeu, Emmanuelle Kesse-Guyot et al. Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Type 2 Diabetes Among Participants of the NutriNet-Santé Prospective Cohort. JAMA Intern Med December 16, 2019.

1 La classification NOVA caractérise les aliments selon « l’ampleur, la nature et l’objectif de transformation qu’ils ont subi lors de leur transformation, auxquelles s’ajoute le nombre d’additifs et d’ingrédients utilisés pour leur préparation » Cf. Monteiro CA, Cannon G, Levy RB, et al. NOVA: the star shines bright.World Nutr. 2016;7(1-3):28-38.

2020-02-05T17:05:47+01:00