Brève – Modification de la sensibilité neuronale associée au goût au cours de la prise de poids

//Brève – Modification de la sensibilité neuronale associée au goût au cours de la prise de poids

Brève – Modification de la sensibilité neuronale associée au goût au cours de la prise de poids

Le gain de poids observé chez des adolescents américains serait associé à une diminution de la réceptivité des régions cérébrales associées aux circuits du goût et de la récompense. La teneur en matière grasse des aliments serait particulièrement impliquée.

L’évolution de l’activité neuronale, mesurée par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), a été comparée chez des adolescents ayant pris du poids (≥ 10 % de l’indice de masse corporelle (IMC)) sur 2 à 3 ans et d’autres dont le poids est resté stable (≤ 2% de l’IMC) sur la même période. L’activité neuronale était mesurée 1 an, 2 ans et 3 ans après un IRMf initial, soit après ingestion de milkshakes au chocolat plus ou moins gras et sucrés, soit après visualisation d’aliments appétissants.

Une sensibilité neuronale modifiée au cours de la prise de poids ?

Les résultats montrent notamment, chez les adolescents qui ont pris du poids, une hyperactivité initiale des zones neuronales liées au goût et une diminution au cours du temps de la sensibilité aux aliments à forte teneur en gras des régions cérébrales associées au goût et au circuit de la récompense. De la même manière, la prise de poids s’accompagne d’une augmentation de la réponse neuronale à la vue d’aliments appétissants. Aussi, les auteurs formulent l’hypothèse que l’hyperréactivité initiale des régions cérébrales du goût aux aliments à forte teneur en matières grasses pourrait conduire à une suralimentation, qui induirait une perte de sensibilité aux matières grasses. Cette dernière pourrait altérer la satiété, entraînant une consommation excessive d’aliments hautement caloriques et un gain de poids.

A contrario, ce schéma suggère qu’éviter de prendre du poids en limitant la consommation d’aliments riches en matières grasses limite l’émoussement des circuits du goût et de la récompense, réduisant ainsi le risque de prise de poids future.

Un effet des graisses mais pas du sucre

L’étude montre qu’il n’y a pas de différence d’activités neuronales entre les groupes d’adolescents en réponse à la teneur en sucre des milkshakes suggérant que la différence entre les groupes était plus étroitement liée à la teneur en matière grasse des milkshakes.

 

Source : Yokum S, Stice E. Weight gain is associated with changes in neural response to palatable food tastes varying in sugar and fat and palatable food images: a repeated-measures fMRI study. Am J Clin Nutr. 2019 Dec 1;110(6):1275-1286.

2020-02-05T16:48:20+01:00