Brève – Pourquoi l’exercice physique n’est-il pas aussi efficace qu’on l’espère sur la perte de poids ?

//Brève – Pourquoi l’exercice physique n’est-il pas aussi efficace qu’on l’espère sur la perte de poids ?

Brève – Pourquoi l’exercice physique n’est-il pas aussi efficace qu’on l’espère sur la perte de poids ?

Si l’exercice physique est généralement recommandé dans la gestion du poids, son effet sur la perte de poids est parfois décevant. Un phénomène de compensation en est responsable. Les mécanismes mis en jeu viennent d’être élucidés par l’étude américaine E-MECHANIC.

Selon plusieurs travaux, 30 % de l’augmentation de la dépense énergétique induite par l’exercice est compensée, ce qui expliquerait l’effet modeste de l’exercice physique sur la perte de poids. Jusqu’à présent, les scientifiques supposaient que cette compensation était liée à une mauvaise adhésion aux protocoles d’exercice ou à des facteurs comportementaux ou métaboliques. L’étude E-MECHANIC, mise au point pour clarifier ces mécanismes de compensation, a examiné l’effet de deux programmes d’exercice physique (8 kcal/kg de poids corporel/semaine (KKW) soit 700 kcal/semaine et 20 KKW soit 1 760 kcal/semaine) sur l’apport énergétique, le métabolisme de base et l’activité physique (hors exercice) de 171 adultes en surpoids ou obèses, par rapport à des individus témoins sans programme d’entraînement. Résultat : après 6 mois, des compensations de poids (différence entre la perte de poids escomptée et le poids réel perdu) se produisaient chez plus des trois quarts des individus quel que soit le programme d’exercice physique imposé, mais de façon plus importante dans le groupe 20 KKW (2,7 kg versus 1,5 kg dans le groupe 8KKW, p = 0,01). Le métabolisme de base et l’activité physique (hors exercice) n’étaient pas modifiés dans le temps. En revanche, les apports énergétiques augmentaient (+ 90,7 kcal/jour dans le groupe 8 KKW et + 123,6 kcal/jour dans le groupe 20 KKW). Les chercheurs concluent que : (1) le phénomène de compensation n’est pas limité aux entraînements physiques intenses et (2) qu’il est lié à une augmentation des apports énergétiques consécutive à une augmentation de l’appétit plutôt qu’à des changements métaboliques ou de dépense énergétique.

 

Source : Martin CK et al., Effect of different doses of supervised exercise on food intake, metabolism, and non-exercise physical activity: The E-MECHANIC randomized controlled trial, The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 110, Issue 3, September 2019.

2019-11-16T16:27:36+01:00