Brève – Pourquoi mange-t-on davantage lorsqu’on est en groupe ?

//Brève – Pourquoi mange-t-on davantage lorsqu’on est en groupe ?

Brève – Pourquoi mange-t-on davantage lorsqu’on est en groupe ?

La tendance à manger davantage lorsqu’on est en groupe est bien connue. En revanche, les mécanismes en jeu sont mal élucidés. Une revue réalisée par des chercheurs britanniques fait le bilan des données disponibles.

Des chercheurs britanniques ont récemment publié une revue sur la « facilitation sociale » à manger, c’est-à-dire sur le fait de manger davantage lorsque l’on partage un repas avec d’autres personnes par rapport aux quantités que l’on aurait consommées seul. Une première méta-analyse de 11 études expérimentales révèle ainsi un effet significatif du contexte social sur la prise alimentaire, lorsque les individus mangent en famille ou avec des amis plutôt que seuls ou en présence d’étrangers. L’analyse de 28 autres études non expérimentales confirme l’effet « famille » ou « amis », qui peut se traduire par une augmentation de la taille des repas de 29 à 48 % et de l’apport calorique jusqu’à 23 %. En outre, certains facteurs sociaux constitueraient des « facilitateurs » de consommation, comme le degré de familiarité avec les convives ou la durée du repas, ou à l’inverse des facteurs l’atténuant, comme le fait d’être une femme parmi des convives masculins ou d’être une personne en surpoids parmi des convives minces. L’état de restriction cognitive de l’individu, la palatabilité des aliments, l’humeur ou encore l’appétit exercent vraisemblablement aussi des effets mais les données à leur sujet sont trop limitées pour conclure. Pour expliquer cette adaptation du comportement alimentaire, les chercheurs rappellent que la facilitation sociale est conservée dans plusieurs espèces, probablement pour assurer le partage équitable de la nourriture dans un groupe d’individus. Si cet héritage ancestral semble défavorable à l’équilibre alimentaire puisqu’il pousse à manger autant que les autres même si c’est plus que ses propres besoins, les chercheurs ne recommandent pas pour autant de manger seul mais plutôt de trouver des stratégies pour éviter les excès alimentaires en réunion.

Source : Ruddock HK et al. A systematic review and meta-analysis of the social facilitation of eating, The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 110, Issue 4, October 2019.

 

 

2019-11-16T18:44:26+01:00