Soumises à un même régime riche en lipides, certaines souris grossissent davantage que d’autres et subissent des effets délétères plus sévères (fibrose hépatique, augmentation de l’insulinémie, etc.). Cette prédisposition semble liée à des facteurs génétiques (surexpression de gènes impliqués dans l’immunité et l’inflammation, gènes intervenant dans l’athérosclérose, etc.).
Les souris ne seraient pas toutes égales face à l’obésité, si l’on en croit les résultats de travaux menés chez des animaux recevant un régime riche en lipides (HFD ou High Fat Diet) pendant 12 semaines. Malgré un apport énergétique identique, la prise de poids s’est avérée supérieure chez certaines souris (0,30 ± 0,011 g/j) – qualifiées de prédisposées à l’obésité (OP) – par rapport à d’autres (0,21 ± 0,006 g/j), qualifiées de résistantes (OR). La dépense énergétique des souris OR était significativement plus élevée. En outre, les effets métaboliques délétères du HFD étaient atténués ou absents chez les souris OR par rapport aux souris OP : moindres augmentations du tissu adipeux de nombreux organes dont le foie et absence de fibrose hépatique ; moindres augmentations de la glycémie et de l’insulinémie, du marqueur d’insulino-résistance HOMA-IR, du cholestérol plasmatique et hépatique, de la leptine plasmatique, de marqueurs de l’inflammation (Interleukine-6, etc.) et de l’infiltration de cellules immunitaires dans le tissu adipeux. Pour expliquer ces différences phénotypiques, les chercheurs ont comparé les ARN messagers issus de la transcription des génomes des souris OP et OR. De nombreux gènes impliqués dans la réponse immunitaire et l’inflammation étaient surexprimés chez les souris OP par rapport aux souris OR, notamment ceux contrôlant l’extravasation des leucocytes (sortie des leucocytes du système sanguin vers les tissus) ; de même pour les gènes intervenant dans les voies métaboliques de l’athérosclérose ou de la fibrose hépatique. D’autres gènes étaient en revanche surexprimés chez les souris OR (motilité des spermatozoïdes, voies de transduction AMPc dépendante, etc.).

 

Source : The metabolic response to a high-fat diet reveals obesity-prone and -resistant phenotypes in mice with distinct mRNA-seq transcriptome profiles. Choi JY et al. Int J Obes (Lond). 2016 Jun 28. doi: 10.1038/ijo.2016.70.