Consommation de fibres alimentaires et risque d’Accident Vasculaire Cérébral : une méta-analyse d’études prospectives

//Consommation de fibres alimentaires et risque d’Accident Vasculaire Cérébral : une méta-analyse d’études prospectives

Consommation de fibres alimentaires et risque d’Accident Vasculaire Cérébral : une méta-analyse d’études prospectives

Les études épidémiologiques suggèrent une association entre consommation de fibres alimentaires et diminution du risque d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC). Toutefois, certains résultats sont parfois contradictoires. Une méta-analyse, reprenant des études de cohorte prospectives, soutient l’hypothèse d’un effet protecteur des fibres.

 

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) représente une cause importante de mortalité dans les pays développés. Afin de clarifier les résultats discordants obtenus dans la cadre d’études épidémiologiques, Chen et al. ont procédé à une évaluation systématique et quantitative de l’association entre consommation de fibres alimentaires et risque d’AVC. La publication des résultats de cette méta-analyse revêt un intérêt particulier face à cet enjeu scientifique et de santé publique.

La recherche bibliographique a été réalisée sur la base de données PubMed en date de Juillet 2012 avec les mots-clés suivants : ‘fiber’, ‘fibre’, ‘stroke’, ‘cerebrovascular disorders’, ‘cohort study’, ‘prospective study’, ‘follow-up study’. Les études sélectionnées devaient être de type d’observation et prospectif et concerner la consommation totale de fibres et la survenue d’AVC. Une attention particulière a été portée aux différences liées au sexe (hommes vs femmes) et au type d’AVC (ischémique vs hémorragique). Les études portant sur un type particulier de fibres (ex : fibres issues de produits céréaliers) ont été exclues.

Parmi les limites de ce travail, notons le fait que les auteurs ont utilisé une seule base de recherche bibliographique et qu’ils citent une comparaison parfois complexe entre études du fait des caractéristiques des sujets et de la variabilité du groupe de référence. La sélection d’études d’une durée longue avec un nombre important d’AVC ainsi que la prédominance d’études prospective diminuant le risque de biais sont les points forts de ce travail.

Au final, sur les 168 articles issus de la recherche sur PubMed, 6 études prospectives indépendantes, publiées entre 1998 et 2012 ont été incluses. Les niveaux d’apports en fibres présentés diffèrent entre pays avec à titre d’exemple, des apports en fibres plus faibles au Japon variant de  6 à 21,6 g/jour selon les groupes, par rapport à la Finlande, où ils varient de 16,1 à 35,8 g/jour entre les groupes. Un total de 314 864 sujets a été inclus et 8920 AVC reportés. Deux études ont été menées aux Etats-Unis (1998 et 2005), 1 en Finlande (2009), 2 au Japon (2010 et 2011) et 1 en Suède (2012). La durée de suivi variait de 8 à 18 ans.

Les résultats suggèrent que l’apport total en fibres alimentaires est inversement associé au risque d’AVC, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et quel que soit le type d’AVC. Cependant, cet effet favorable des fibres serait plus marqué chez les femmes que chez les hommes, et pour les AVC de type ischémique. D’après l’analyse dose-réponse, la diminution du risque serait estimée à 12% par palier d’augmentation de 10 g par jour des apports alimentaires totaux en fibres. Toutefois, les résultats restent à interpréter avec prudence du fait du faible nombre d’études analysées.

En France, les apports en fibres observés dans l’Etude Nationale Nutrition Santé (ENNS, 2006) et dans l’étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2 (INCA 2) sont inférieurs aux recommandations (25 à 30 g/j de fibres). La moyenne des apports en fibres est en effet proche de 17 g/j chez les adultes, avec des apports supérieurs chez les hommes (17,6 et 19,2 g/j dans ENNS et INCA 2) à ceux observés chez les femmes (14,7 et 16,0 g/j dans ENNS et INCA 2). Les données de l’enquête Nutrinet Santé publiées en novembre 2012 soulignent également que les apports en fibres augmentent avec l’âge, varient selon la profession et catégorie sociale avec des apports plus élevés chez les agriculteurs et les cadres, et plus faibles chez les ouvriers et les employés et seraient moins élevés chez les hommes en surpoids ou obèses, population associée à un risque cardiovasculaire plus élevé.

Sources :

Dietary fiber intake and stroke risk: a meta-analysis of prospective cohort studies. Chen et al. European Journal of Clinical Nutrition (2012), 1–5.
Étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006). Situation nutritionnelle en France en 2006 selon les indicateurs d’objectif et les repères du Programme national nutrition santé (PNNS). Institut de veille sanitaire, Université de Paris 13, Conservatoire national des arts et métiers, 2007.
Etude Individuelle Nationale sur les Consommations Alimentaires 2006-2007 (INCA2). Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa), septembre 2009.
Résultats de l’enquête nationale Nutrinet Santé sur les apports en fibres alimentaires, novembre 2012.

2016-06-29T12:29:40+02:00