Les polychlorodibenzo-p-dioxines, polychlorodibenzofuranes (PCDD-Fs) et polychlorobiphényles (PCBs) sont des polluants organiques largement retrouvés dans l’environnement. Ils sont généralement désignés par le terme de «dioxines». D’un point de vue toxicologique, les PCDD/Fs et PCBs sont considérés comme présentant un risque important pour la santé de l’homme (potentiel cancérigène), en cas de consommation à trop fortes doses. La consommation de poisson constituerait la principale source d’exposition alimentaire de l’homme à ce type de polluants. Faut-il s’en inquiéter ?

 

En Juillet 2012, la concentration en PCDD/Fs et PCBs a été évaluée dans des échantillons de 16 espèces de poissons et de crustacés les plus couramment consommés en Espagne (sardine fraîche, conserves de sardines, thon frais, conserves de thon, anchois, maquereau, espadon, saumon, merlu, rouget, sole, seiches, calamars, palourdes, moules et crevettes), obtenus dans différents points de vente (marchés locaux, poissonneries, moyennes et grandes surfaces).

Le système d’équivalence toxique (WHO-TEQ) créé par le Centre Européen de l’Environnement et de la Santé, centre d’excellence scientifique de l’OMS, a été employé pour calculer et exprimer la toxicité des divers produits.

Les sardines et rougets présentaient les concentrations les plus élevées en PCDD/Fs et PCBs (de 0,2 à 0,25 pg WHO-TEQ / g de poids frais (p.f.) et de 31,1 à 49,9 ng / g p.f. respectivement), tandis que les espèces présentant les niveaux les plus bas étaient le thon en conserve et les seiches (de 0,016 à 0,025 pg WHO-TEQ / g p.f. et de 0,21 à 0,62 ng / g p.f. respectivement). Aucune des espèces de poissons et de fruits de mer ne dépassait le niveau maximum, établi à 3,5 pg WHO-TEQ / g p.f. pour les PCDD/Fs, ni le seuil de tolérance, fixé à 75 ng / g p.f. pour les PCBs de type non-dioxine (NDL-PCBs). (Règlement (UE) n°1259/2011).

Concernant l’exposition alimentaire aux différents polluants, la sardine était le principal contributeur, suivi par le merlu. A l’inverse, l’espadon et les palourdes étaient les moins contributeurs.

Selon l’estimation des apports en PCDD/Fs et en un sous-type de PCBs, aucun groupe d’individu (enfants, adultes…) ne dépassait la dose journalière tolérable compris entre 1 et 4 pg WHO-TEQ/kg de poids corporel/jour. Les enfants représentaient néanmoins la tranche de population la plus à risque (consommation estimée à 0,93 pg WHO-TEQ/kg de poids corporel/jour).

Cette étude confirme une tendance à la baisse des expositions aux PCDD/Fs et PCB depuis les années 2000 et conforte l’avis de l’ANSES rendu en 2013 qui recommande de consommer du poisson deux fois par semaine dont les poissons gras (saumon, maquereau, sardine, anchois, truite fumée, hareng…), et de diversifier les espèces de poissons consommées.

Source : Human exposure to PCDD/Fs and PCBs through consumption of fish and seafood in Catalonia (Spain): Temporal trend. Perrello et al. Food Chem Toxicol. 2015 Apr 8;81:28-33.