Consommer des légumineuses plusieurs fois par semaine pourrait réduire le risque de maladies coronariennes, selon une méta-analyse des études prospectives d’observation sur le sujet parue dans Public Health Nutrition.
Alors que l’année internationale des légumineuses (FAO, 2016) vient de s’achever, elles refont parler d’elles en ce premier trimestre 2017 dans une méta-analyse au sujet de leur possible effet en prévention des maladies cardiovasculaires (MCV). Après une analyse rigoureuse des données disponibles (méthode PRISMA), les chercheurs ont retenu 14 études prospectives incluant au total 367 000 individus et 18 475 cas incidents de MCV enregistrés pendant le suivi des sujets (durée comprise entre 5 et 26 ans selon les études). L’incidence de MCV chez les plus forts consommateurs de légumineuses, c’est-à-dire les individus en consommant plus de 3 à 4 fois par semaine, a été comparée à celle des petits consommateurs (< 1 fois/semaine). Résultats : si le risque de maladies coronariennes (MC) était réduit d’environ 10 % chez les forts consommateurs (IC95% = 0·84, 0·97), aucune relation n’était mise en évidence avec le risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Dans des analyses de sensibilité, apparaissent des différences régionales : le risque de MCV était réduit dans les régions méditerranéennes, tandis que le risque de MC était diminué dans les régions non méditerranéennes, où, selon les auteurs, les légumineuses seraient consommées en substitution de la viande rouge, elle-même facteur de risque cardiovasculaire. En outre, le risque de MC était diminué chez les femmes uniquement ; l’absence d’association chez les hommes pourrait être liée à des facteurs de confusion résiduels liés à une surconsommation de tabac et d’alcool chez ces derniers, ou encore à une moindre précision dans les consommations alimentaires rapportées.
Les auteurs n’oublient pas de rappeler enfin que les études considérées restent observationnelles : malgré leurs nombreuses qualités (études longitudinales, effectifs élevés, suivi long et ajustements appropriés, etc.), elles ne préjugent pas d’une relation de causalité.

Source : Marventano S et al. Legume consumption and CVD risk: a systematic review and meta-analysis. Public Health Nutr. 2017 Feb;20(2):245-254.