Diabète gestationnel : la glycémie de la mère, facteur de risque de surpoids , d'obésité de l'enfant – Société Française de Nutrition

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D’après cette étude prospective danoise, le risque de surpoids et d’obésité des enfants à 7 ans est d’autant plus fort que la glycémie de la mère était élevée pendant la grossesse. Et le poids de naissance généralement plus élevé en cas d’hyperglycémie maternelle n’explique pas tout.

Une nouvelle étude confirme que l’obésité infantile pourrait être programmée dès la grossesse. Une équipe a en effet examiné les effets d’une glycémie élevée chez 661 femmes de la Danish National Birth Cohort présentant un diabète gestationnel, sur les mesures anthropométriques et le risque de surpoids et d’obésité chez le nourrisson (à 5 et 12 mois) puis l’enfant (à 7 ans). Dans des modèles ajustés sur de nombreux facteurs de risque (âge de la mère, nombre de grossesses, niveau socio-économique, IMC de la mère avant la grossesse, tabagisme, etc.), chaque augmentation de 1 mmol/l de la glycémie de la mère pendant la grossesse était associée à une augmentation de 0,46 kg/m3 (IC95% = 0,14-0,78) de l’index pondéral à la naissance et de 0,20 kg/m² (IC95% = 0,04-0,36) du z-score pour l’IMC à 7 ans. Des augmentations des risques de macrosomie à la naissance (poids > 4 kg) et de surpoids et d’obésité à 7 ans d’environ 20 % étaient également observées (respectivement, RR = 1,21, IC95% = 1,07-1,38 ; RR = 1,21, IC95% = 1,01-1,50). Le risque de surpoids et d’obésité à 7 ans demeurait significativement augmenté après ajustement supplémentaire sur le poids de naissance. Ceci suggère que les effets à long terme de l’hyperglycémie maternelle passent par d’autres mécanismes qu’une croissance fœtale excessive (modifications épigénétiques, altérations de la neurogénèse et de la néphrogénèse, etc.). Les relations observées ne différaient pas selon le sexe de l’enfant ni en fonction de la prise de médicaments pour traiter le diabète gestationnel. Aucune association n’était observée à 5 et 12 mois, suggérant des effets différentiels en fonction des stades de l’enfance.

Des études complémentaires à plus long terme (adolescence et âge adulte), sur des populations diversifiées, ainsi que l’étude des mécanismes susceptibles d’expliquer ces résultats, permettront de documenter davantage les associations mises en évidence.

Sources : Growth and obesity through the first 7 y of life in association with levels of maternal glycemia during pregnancy: a prospective cohort study. Zhu Y et al. Am J Clin Nutr. 2016 Mar;103:794-800.