Lutte contre le dérèglement climatique : adoptez un panier flexitarien – Société Française de Nutrition

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Le WWF publie en partenariat avec ECO2 Initiative une série de recommandations visant à réduire l’impact écologique de notre alimentation. Un régime flexitarien donnant plus de place aux aliments végétaux et aux produits peu transformés permettrait une diminution de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’origine alimentaire. Réduire les émissions de gaz à effet de serre (EGES) pour limiter le dérèglement climatique : si le principe est acquis, la mise en œuvre au quotidien ne va pas nécessairement de soi. Notre alimentation actuelle (de la parcelle agricole jusqu’au traitement des déchets) serait responsable de 30 % des EGES. Partant de ce constat, WWF et le cabinet de conseil en écologie ECO2 Initiative ont déterminé dans un récent rapport les changements alimentaires les plus à même de réduire significativement nos émissions, tout en garantissant une alimentation abordable financièrement et couvrant les besoins nutritionnels des Français. Malgré ses arcanes méthodologiques complexes (modélisations réalisées à partir de bases de données de l’Ademe et de l’Anses) et quelques problèmes de compatibilité nutritionnelle (on note par exemple que le régime proposé conduirait à consommer plus de 200 g/j de légumineuses, contre 11 g aujourd’hui), la démarche permet de donner des repères aux consommateurs en définissant les grandes tendances vers lesquelles tendre. Par rapport aux habitudes alimentaires recensées dans l’enquête Inca 3, le panier « durable » proposé, qualifié de flexitarien, implique ainsi une réduction de la consommation de produits carnés (de l’ordre de 30 %), de poisson sauvage (- 40 %, au profit des poissons d’élevage), de produits transformés (- 70 %), d’alcool et de boissons sucrées. Quant aux céréales (complètes de préférence), légumes et légumineuses, leur consommation devrait être multipliée par deux[1]. L’adoption d’un tel panier permettrait de diminuer de 40 % nos EGES et de réduire nos dépenses alimentaires de 21 %. Économie que les deux organismes auteurs du rapport suggèrent de réinvestir en orientant ses achats vers des produits provenant de filières durables (Bio, Label Rouge, MSC…).

Source : WWF et ECO2 Initiative. Vers une alimentation bas carbone, saine et abordable. Etude comparative multidimensionnelle de paniers alimentaires durables : impact carbone, qualité nutritionnelle et coûts. 2017.

[1] Le tableau 9 du rapport compare de façon détaillée les quantités des différents groupes alimentaires entre l’assiette durable et l’assiette actuelle des Français.